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La conscience du lieu

Alberto Magnaghi

LA CONSCIENCE DU LIEU

Rayon: architecture, urbanisme, écologie

ISBN: 979-10-93250-19-9

Parution: 12 juillet 2017

L’ouvrage : Ce livre sort trois ans après la publication, dans la même collection, de La Biorégion urbaine. Les thèses de ce volume ont suscité en France un débat public très approfondi qui a intéressé des chercheurs comme Françoise Choay, Augustin Berque, Thierry Paquot, Gilles Clément, Pierre Donadieu, Albert Levy, Christian Tamisier, Maurizio Gribaudi, Tiziana Villani, Makan Rafatdjou, Guillaume Faburel, Agnès Berland-Berthon, Yvon Le Caro et beaucoup d’autres. Nombre d’entre eux ont donné vie au Réseau des territorialistes français, qui est lié, sous une forme autonome, à la Société des territorialistes, une association multidisciplinaire active depuis 2010 dans plusieurs universités et instituts de recherche italiens. Le débat n’a pas attiré uniquement des chercheurs, mais aussi des professionnels et surtout des étudiants qui, à plusieurs reprises et dans différents stages, ont tenté une comparaison de l’application des méthodes d’analyse et des projets des territorialistes dans divers contextes territoriaux, en particulier des méthodes de construction de la biorégion urbaine.
À quelle idée de territoire proposons-nous de retourner ? J’ai affirmé ailleurs que le milieu humain, le territoire, est un néo écosystème vivant.
Les villes, les collines en terrasses, les campagnes travaillées et les forêts cultivées ont des métabolismes qui se transforment au fil des civilisations qui se succèdent, mais dans touts cas, des métabolismes qui caractérisent les structures vivantes. Ainsi, en tant que produit d’une relation entre vivants (l’homme et la nature), le territoire est continuellement nourri et soigné ; sinon il peut tomber gravement malade et même mourir lorsque la relation synergique s’interrompt, comme dans les phases de crise des civilisations, et renaître seulement grâce aux nouvelles formes de soins pratiquées par la civilisation suivante.

L’auteur : Alberto Magnaghi, architecte et urbaniste, est Professeur émérite à l’Université de Florence où il dirige le “Laboratorio di Progettazione Ecologica degli Insediamenti (LAPEI). Il est Président de l’association multidisciplinare “Societé des Territorialistes” et fondateur de la “Scuola Territorialista Italiana”. Parmi ses publications:
Il progetto locale: verso la coscienza di luogo, Bollati Boringhieri,Torino, 2000, en France Le Projet Local, éditions Mardaga, Lège, 2003 ; La Biorégion urbaine – Petit traité sur le territoire bien commun, Eterotopia France, Paris, 2014 ; Un’idea di libertà. San Vittore 1979 – Rebibbia 1982, DeriveApprodi, Rome, 2014.

Le public : tous ceux qui sont sensibles aux nouvelles formes d’écologie et de urbanisme ainsi qu’aux transformations sociales.

Image de couverture : Carte de communauté de Acquarica di Lecce (Sistema Ecomuseale della Puglia, 2010).

Un extrait de la présentation : Ce livre, qui traduit quelques essais publiés et inédits en Italie, tient compte de ce débat, en développant quelques thèmes dont le fil conducteur est le thème général du retour au territoire à travers la croissance de la conscience du lieu. Nous avons suivi ce fil conducteur, dans la revue Scienze del territorio de la Société des territorialistes, comme un parcours vers une nouvelle civilisation qui se concrétise dans de nouvelles formes de peuplement écologique des campagnes et de la montagne, dans la reconstruction de l’urbanité des villes et de leurs réseaux solidaires dans des biorégions urbaines et, enfin, dans la construction de systèmes socioéconomiques locaux fondés sur la mise en valeur du patrimoine territorial et orientés vers l’autogouvernement des communautés locales.
À notre sens, le retour au territoire ne signifie pas le retour à des formes de vie particulières ou à des systèmes socioéconomiques et culturels du passé, mais renvoie, en général, au retour à des conditions de vie soutenables et durables de l’espèce humaine sur la terre. Des conditions du milieu humain qui sont en voie de dégradation croissante, en raison de vastes processus de déterritorialisation, d’exode et d’urbanisation du monde, œuvre des agents du capital technofinancier mondial.
Le livre est composé :
• d’une longue introduction, Le retour au territoire pour une nouvelle civilisation9, dans laquelle est développé le thème connecteur des formes de civilisation qu’un retour au territoire découlant de la croissance de la conscience du lieu peut provoquer : une civilisation hydraulique et écologique, énergétique, agroenvironnementale, urbaine, productive et d’entreprise à responsabilité socioterritoriale ;
• d’un premier essai, Conscience de classe et conscience du lieu : dialogue entre un économiste et un urbaniste10, qui constitue une longue réflexion entre l’auteur et le grand économiste Giacomo Becattini, dans lequel sont analysées les issues éco-socio-catastrophiques de la mondialisation et la fin de l’économie comme science du bien-être humain, et sont proposés les résultats possibles d’un modèle solidaire planétaire de développement local à partir de l’articulation du concept de conscience du lieu ;
• d’un deuxième essai, Les paysages de l’alimentation, nouvelles frontières du développement local11, qui se penche sur le rôle « générateur », pour de nouveaux modèles de développement local, des expériences multifonctionnelles de néoagriculture écologique ; des expériences réalisées « par choix » (Canale, Ceriani 2014) par des agriculteurs qui mettent en pratique des savoirs alimentés par la croissance de la conscience du lieu, à partir de la redécouverte des cultivars agro-alimentaires historiques ; en reconnaissant le rôle stratégique de la filière agriculture-artisanat-tourisme-culture ;
• d’un troisième essai, De la grande métropole à la biorégion urbaine12, qui fait une vaste critique des processus de centralisation décisionnelle et de concentration territoriale qui ont cours en France et en Italie (macrorégions et grandes métropoles)13 et des effets de la désertification, de l’appauvrissement et de la subordination des territoires régionaux par rapport aux grands pôles métropolitains liés aux réseaux mondiaux. À partir de cette critique, on avance l’hypothèse autre des régions constituées par des réseaux solidaires de biorégions urbaines, illustrée par un exemple appliqué à la Toscane ;
• d’un essai conclusif, Mettre en commun le patrimoine territorial : de la participation à l’autogouvernement14, dans lequel est abordé le thème des biens communs et qui définit le champ spécifique des « biens communs territoriaux ». À la différence des biens naturels, qui préexistent à leur utilisation comme ressources (et, sûrement, nous survivront), les biens communs territoriaux (les villes, les infrastructures, les systèmes agroforestiers, etc.), en tant que produits de l’action humaine, restent en vie seulement grâce aux soins collectifs qui leur sont prodigués ; ils doivent se concrétiser au moyen de formes expérimentales de gestion (les plans paysagistes participatifs, les systèmes locaux de la nourriture, les pactes ville-campagne, les écomusées, les contrats de fleuve, de montagne, de paysage, etc.) qui ont déjà cours dans plusieurs parties du monde, et desquelles on propose l’intégration dans de nouveaux instituts d’autogouvernement local solidaire et fédératif.

 

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