Gaëtan Gatian de Clérambaulti
LE SENSIBLE ET LE CRUEL
Passion érotique des étoffes chez la femme
Préface de Tiziana Villani
Rayon : Psychologie, philosophie
ISBN: 979-10-93250-84-7
Prix : 10 euros
Pages : 72
Parution : mai 2026
L’ouvrage :
Dans ce texte, Clérambault nous offre une analyse lucide de certaines « perversions » féminines qui se distinguent nettement du sadomasochisme et du fétichisme masculins. La « froide passion » des femmes pour les tissus et surtout pour la soie, témoigne de l’apparition de ce que Clérambault définit comme l’automatisme primitif, c’est-à-dire l’affirmation d’instances qui dissolvent le moi incapable de les contrôler, la voix d’un désir qui ne se rapporte pas à l’autre mais se complète en lui-même. L’automatisme mental, tel que l’a défini Gaëtan Gatian de Clérambault, désigne une irruption silencieuse et tyrannique du psychisme en dehors de toute maîtrise du sujet. Ce ne sont plus les pensées qui naissent de l’âme, mais des pensées qui s’imposent à elle ; ce ne sont plus les actes qui procèdent de la volonté, mais des mouvements qui se produisent comme d’eux-mêmes. Le sujet ne pense plus : il est pensé. Enfin, l’automatisme atteint l’action elle-même. Les gestes s’accomplissent sans intention, les actes se produisent sans décision. Le sujet n’agit plus : il est agi. Sa propre corporéité devient le théâtre d’une puissance anonyme.
Dans la passion érotique des étoffes chez la femme, telle que l’a décrite Gaëtan Gatian de Clérambault, le tissu cesse d’être un simple objet pour devenir un foyer d’excitation autonome, détaché de toute finalité sexuelle ordinaire. La matière, par sa texture, son plissé, sa souplesse ou son éclat, acquiert une puissance affective propre, immédiate, irréductible à la représentation de l’autre. Il ne s’agit pas d’un goût, ni même d’une préférence, mais d’une véritable passion, au sens clinique du terme: un état où le sujet se trouve saisi, captif, gouverné par un mécanisme qui s’impose à lui. Le contact de l’étoffe, son froissement, parfois sa seule vue, provoque une émotion intense, souvent accompagnée d’un apaisement profond ou d’une jouissance muette, presque impersonnelle. Ce que la clinique isole comme phénomène pathologique peut être relu, à la suite de Deleuze et Foucault, comme un indice critique du fonctionnement ordinaire du pouvoir sur les corps.Ce sentiment de froideur qui règne aujourd’hui se révèle être un état de masse, c’est pourquoi le présent ouvrage revêt d’une importance extrême.
L’auteur : Gaëtan Gatian de Clérambault (1872-1934), médecin, psychiatre et spécialiste en esthétique, maître inspirateur de Jacques Lacan, s’est occupé pendant presque toute sa vie de médecin des psychoses, parvenant à identifier des formes spécifiques de maladie que la médecine de l’époque n’avait pas su prendre en considération, figure singulière et décisive de la clinique surtout connu pour avoir formulé la théorie de l’automatisme mental. Passionné d’art et d’ethnographie, il effectua de nombreux voyages, notamment en Afrique du Nord, où il photographia des femmes entièrement enveloppées dans leurs tissus, et développa sa propre « érotisme vestimentaire ». La plupart de ses oe uvres sont rassemblées dans le volume Gaëtan Gatien de Clérambault Oe uvres psychiatriques, Paris, Editions Frénésie,1987.
Le public : tous ceux qui sont sensibles à la psychologie et à la philosophie.
